Visite 3D du Pic

Patrice Torguet ( IRIT) a créé une maquette virtuelle du Pic du midi qui vous permet de survoler le Pic et de pointer le Télescope Bernard Lyot sur la voute céleste.

Pic du Midi et TBL 3D

– L’ensemble de l’observatoire a été modélisé par Alain ROBERT –  http://www.alrocreation.fr/

– Le TBL a été modélisé par Christophe MONTHEIL du TBL ;
– Le Narval est un modèle CATIA ;
– Le code de gestion de la base de données d’étoiles vient de  l’application de Benoit GIRARD;
– Les informations sur les étoiles proviennent de la  base de donnée HYG;
– Les informations sur les constellations proviennent de  Stellarium.

Vidéos

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Trajet de la lumière dans le télescope et l’instrument Narval: video english

Aluminure du miroir primaire du TBL: vidéo

Vox Bigerri sur la Terrasse Dauzère

Pic du midi Panoramique

Site https://picdumidi.com/en/live/panoramic

Les télescopes du pic

Le Télescope Bernard Lyot

La qualité des images astronomiques obtenues au Pic avec des instruments modestes, puis de plus en plus performants (T1M) a imposé la nécessité pour la France de se doter d’un télescope de grand diamètre.

Le choix d’un miroir de 2 m de diamètre est un compromis entre la qualité des images (d’autant meilleure que le miroir est plus grand) et le coût et les difficultés d’une nouvelle construction au Pic (la superficie est quasiment tout occupée) et les difficultés techniques d’un tel chantier en montagne sont bien grandes.

  • Le projet né en 1964, les études techniques faites, la construction a commencé en 1970 et a été achevée en 1972 en ce qui concerne le gros œuvre
  • Le 3 juillet 1980 c’est la  » première lumière  » du T.B.L.
  • La tour a des dimensions de 28 m de haut pour 14 m de diamètre

C’est une double tour, sur la tour intérieure repose le télescope, la tour extérieure sur laquelle repose la coupole a pour fonction d’amortir les vibrations de la rotation de la coupole et les effets du vent.

  • La coupole est d’un type nouveau, étudiée pour éviter les échanges thermiques entre l’air extérieur et l’air intérieur de la coupole
  • L’instrument est constitué d’un miroir de 2 m de diamètre, reposant sur une monture fer à cheval ou équatorial

Elle est idéale en astronomie, elle se caractérise par son axe principal incliné parallèlement à l’axe de rotation de la Terre (variation de l’angle). Cet axe est appelé axe polaire, car il est dirigé vers le pôle Nord céleste.

En faisant tourner l’instrument autour de cet axe (variation de l’angle α) à la vitesse dite Sidérale, on conserve l’objet observé dans le champ de l’oculaire. On annule ainsi le mouvement apparent de la voûte céleste.

  • Le déplacement, dit « en Ascension droite », peut être obtenu manuellement ou à l’aide d’un moteur électrique
  • L’objet visé demeure ainsi facilement centrée dans le champ, ce qui permet la photographie ou l’observation à fort grossissement
  • Les montures équatoriales sont dotées de cercles gradués qui permettent la recherche d’un objet invisible à l’œil nu, par les seules coordonnées célestes

Il est entièrement commandé par ordinateur et équipé de récepteurs électroniques (Caméras CCD.)

Le télescope de 1M et la coupole Gentili

La coupole abrite le télescope de 1m, dont l’optique fut fournie par les Américains, un miroir de 106 cm. Equipé en caméra CCD, elle est actuellement destinée à l’étude des planètes du système solaire, des comètes et occultation d’étoiles par des astéroïdes pour déterminer la forme de ces derniers.

Le télescope de 60 cm

Initialement installé dans la coupole Gentili qui renferme le 1M, le 60cm actuellement destiné aux astronomes amateurs.

Il permet de faire des images du ciel profond, des nébuleuses,  de la spectroscopie …

Les coronographes et la coupole Baillaud

Le coronographe est une lunette qui à l’aide d’un disque occulteur cache le disque solaire comme la Lune lors des éclipses, ce qui permet d’observer la seule couronne. Les coronographes actuels sont au nombre de deux, ils donnent leurs meilleurs résultats en l’hiver pour la pureté du ciel et ils reposent sur une table équatoriale (cf. coupole tourelle)

Les coronographes du Pic collaborent avec la mission S.O.H.O. de la N.A.S.A.

La Lunette Jean Rösch: coupole Tourelle

Cette Coupole située sur le flan Est du Pic du Midi bénéficie de conditions corographiques particulières qui permettent d’obtenir pratiquement la résolution théorique de l’instrument. Ceci est aussi en partie du à la conception de cette coupole qui évite les échanges de masse d’air entre l’intérieur et l’extérieur ainsi qu’un rejet de l’objectif à l’avant d’un tube évitant les turbulences locales créées par la structure de la coupole. Les principales instrumentations sont : d’une part un spectrographe qui fonctionne en mode simple ou double passage soustractif DPSM et d’autre part un filtre universel de type de Lyot.

Les spectrographes permettent l’étude dynamique des structures solaires à diverses altitudes tandis que le filtre universel sert à déterminer le champ magnétique composante longitudinale présent à la surface du soleil. Il est possible aussi d’adapter des caméras pour l’imagerie directe pour l’étude

Le télescope

La lunette astronomique est composée d’un objectif de 50 cm de diamètre, placé à l’avant du tube, le corps de l’instrument.Cet objectif fait converger les rayons lumineux en provenance de l’astre en un point appelé le foyer situé vers l’arrière, à l’intérieur du tube de l’instrument.L’image finale s’obtient par l’utilisation d’un deuxième système optique, appelé oculaire. L’oculaire est situé tout au bout du tube de la lunette, il transforme l’image de manière à la rendre visible à l’œil nu.

Schéma simplifié d’une lunette astronomique

Dans le cas présent, il est impossible de regarder à l’œil nu dans la lunette sous peine de brûlure de la rétine en quelques fractions de secondes. Donc l’œil de l’observateur est remplacé par des caméras. La coupole Tourelle est équipée de nombreux instruments qui permettent d’étudier la surface et l’atmosphère du soleil jusqu’à une résolution de 0.25 secondes d’arc les détails visibles à la surface du soleil sont ainsi de 200 km

Histoire

Coupole Gentili

Coupole Gentili

La coupole fut offerte à l’Observatoire par M. Gentili, elle abritait initialement un télescope de 60 cm où ont travaillé, Lyot, Gentili, Camichel et Dollfus.

La qualité des photographies de la Lune et des planètes obtenue avec cet instrument influencèrent fortement la NASA qui recherchait un site pour préparer les missions Apollo. La coupole abrite le télescope de 1m, dont l’optique fut fournie par les Américains (un miroir de 106 cm.) en 1963. En 1964, eut lieu une expérience qui permis grâce à un laser de déterminer avec une précision de quelques décimètres la distance Terre-Lune. Equipée en caméra CCD, elle est actuellement destinée à l’étude des planètes du système solaire, des comètes et des occultations d’étoiles par des astéroïdes, pour déterminer la forme de ces derniers.

La fondation de l’Observatoire  :

L’histoire de l’Observatoire du Pic du Midi commence en fait à environ 300 mètres en dessous du sommet, au col de Sencours, où une station météorologique provisoire est installée en 1873. La construction de l’observatoire a débuté dans les années 1870. Les deux meneurs de ce projet d’initiative privée sont Charles Champion du Bois de Nansouty, un général à la retraite et Célestin-Xavier Vaussenat, un ingénieur. Nansouty séjourne pendant huit ans au col de Sencours, où il fait des observations météorologiques de routine, et Vaussenat sillonne le pays à la recherche d’un financement pour la construction de l’Observatoire définitif. Il sollicite des mécènes et donne de nombreuses conférences publiques, au cours desquelles il ouvre une souscription. Son histoire est une leçon de courage.

Une leçon de créativité

C’est aussi une leçon de créativité, parce que les astronomes ont tiré parti des remarquables qualités du site de bien des façons, pour étudier les planètes et, plus tard, pour préparer les missions Apollo. Ils ont aussi invité des géophysiciens, des botanistes, des cosmiciens à y mener des expériences, et l’Observatoire est devenu un centre de recherches pluridisciplinaires. Cette histoire est rythmée par ses directeurs successifs, qui ont tous profondément marqué le Pic de leur personnalité et de leurs centres d’intérêt.

Les premiers terrassements au sommet commencent en 1875. Les premiers locaux sont achevés le 8 septembre 1882. La construction de l’Observatoire commence en 1878 et dure quatre ans, parce que les travaux ne peuvent se faire que pendant les quelques mois où le sommet n’est pas couvert de neige et aisément accessible à pied ou à mulet, entre la fin juillet et la mi octobre.

Le principal souci des fondateurs de l’Observatoire

Le principal souci des fondateurs de l’Observatoire est de protéger les ouvriers de la foudre qui s’abat fréquemment sur ce pic isolé. Plusieurs paratonnerres sont érigés et reliés par un épais câble métallique de plus d’un kilomètre au lac d’Oncet voisin. En 1880, la station météo est effective. Son activité est consacrée également à la botanique, à l’ethnologie et à la géologie. Son développement bénéficie de la présence de la haute société en vacances à Bagnères-de-Bigorre et à Barège. Ce site de haute montagne rend la vie extrêmement rude durant les hivers. L’été reste relativement plus clément. L’Observatoire est inauguré au mois d’août 1882.

Ses fondateurs sont dans l’impossibilité d’assurer la gestion et l’entretien de leur oeuvre ; ils en font don à l’Etat, à condition que celui-ci paie les dettes restantes et qu’il fournisse une subvention annuelle de 30 000 francs pour couvrir le salaire du directeur et de quelques employés et les frais de fonctionnement de la station. Sous la pression de Paul Bert et d’autres élus, l’Etat accepte cette donation.

Le devenir de l’établissement

L’établissement devient un observatoire national sous l’autorité du Bureau Central Météorologique à Paris et Vaussenat devient son premier directeur. Nansouty, nommé directeur honoraire, se retire à Dax. A la demande du Bureau Central Météorologique, Vaussenat réalise lui-même une importante expérience de physique atmosphérique entre 1883 et 1885. L’objectif de cette « expérience Lemström » est de produire des aurores boréales artificielles. C’est également au début du siècle que Benjamin Baillaud, alors directeur de l’observatoire de Toulouse, décide de construire un télescope au Pic. Il connaît bien ce site et ses avantages pour avoir souvent participé à son inspection annuelle. Mais il veut d’abord s’assurer par lui-même du bien fondé de cette réputation du Pic pour les bonnes images. Il y installe une petite coupole provisoire sous laquelle il pose une monture pouvant accommoder plusieurs tubes de petits télescopes, puis il passe plusieurs étés avec des membres de son personnel à conduire des tests astronomiques. Ils concluent que les images sont souvent bonnes et parfois excellentes.

la construction d’une coupole

Baillaud obtient alors des crédits pour la construction d’une coupole, d’un télescope de 50 centimètres de diamètre et d’une maison pour les astronomes visiteurs. Les travaux commencent après la saison d’été de 1904. En 1906, la coupole est terminée et le télescope, construit dans un atelier parisien, est amené à Bagnères par chemin de fer, puis au col du Tourmalet par char à bœufs. De là, les 22 caisses, pesant entre 300 et 800 kilos, sont transportées au sommet par une douzaine de soldats d’un régiment d’artillerie de Tarbes. Les difficultés sont telles que, au bout d’un mois d’efforts, ils ne parviennent qu’au col de Sencours. Les caisses y passent l’hiver et le télescope ne sont au sommet qu’en septembre 1907. Un autre été est nécessaire pour le monter et le rendre opérationnel.

Les deux premiers utilisateurs arrivent en septembre 1909 ; ce sont le comte de la Baume Pluvinel et son assistant. Les excellentes images qu’ils obtiennent de Mars leur permettent de démentir l’existence de canaux sur la planète rouge.

Biographie de personnalités du Pic

Biographie de Bernard Lyot

BERNARD LYOT

Fils de chirurgien, Bernard Lyot perd son père à l’âge de sept ans. Il étudie pour devenir ingénieur. Diplômé de l’École supérieure d’électricité, en 1917, il obtient un poste à l’École polytechnique, comme assistant du physicien Alfred Pérot. Probablement grâce à ce dernier, Lyot obtient une place à l’Observatoire de Meudon, en 1920, auquel il sera rattaché jusqu’à la fin de sa vie. Lyot passe sa vie à étudier des phénomènes optiques extrêmement difficiles à détecter. Très habile à fabriquer des instruments, il conçoit, très tôt dans sa carrière, des appareils qui ne subiront que très peu de modifications ultérieures. Par exemple, en 1923, il élabore le principe du polarimètre photo-électrique qu’il peut réaliser, en 1950, grâce à l’arrivée des multiplicateurs d’électrons.

L’étude de la polarisation de la lumière

L’étude de la polarisation de la lumière des astres préoccupera Lyot toute sa vie. Sa thèse de doctorat, qu’il complète en 1929, traite de la polarisation de la lumière réfléchie par les surfaces des planètes, qui permet d’en déterminer leur structure. Il prédit d’ailleurs que Mars est sujette à de gigantesques tempêtes de sable ; celles-ci seront observées par les sondes spatiales des années 1970. Pour mesurer la polarisation de la lumière de la couronne solaire, Lyot invente un instrument qui produit une éclipse artificielle. Il se sert d’un masque qui bloque et rejette la lumière du disque solaire hors du télescope.

L’instrument d’observation

Ainsi Lyot crée un instrument qui permet l’observation de la couronne solaire, en dehors des périodes très courtes d’éclipse totale ; il faut un objectif de télescope exempt de bulles internes, d’égratignures superficielles, une surface optique d’une propreté impeccable pour éviter toute diffusion. Il essaie son instrument au Pic-du-Midi, dans les Pyrénées, pendant l’été de 1930. L’année suivante, Lyot réussit à obtenir la première photographie de la couronne interne du Soleil, prise hors d’une éclipse ; il effectue ensuite des observations spectroscopiques de la couronne dans le proche infrarouge, où il découvre plusieurs nouvelles raies spectrales. Pour observer sélectivement dans les principales raies coronnales, Lyot développe un filtre à bande passante spectrale très étroite ; ce filtre est constitué d’une superposition de cristaux biréfringents, comme la calcite, le quartz ou les filtres polarisants.

 Le décès de Lyot

BERNARD LYOT2

Aujourd’hui, on produit des filtres Lyot très polyvalents dont la bande passante sélective peut être déplacée sur un domaine spectral de plusieurs centaines de nanomètres. À l’aide de son filtre et du coronographe, Lyot réussit à obtenir, en 1939, un enregistrement cinématographique des mouvements spectaculaires des protubérances solaires. Le décès de Lyot survient tragiquement en Égypte, lors de son retour d’une expédition d’éclipse du Soleil, à Khartoum, au Soudan. La date et les circonstances de sa mort ne sont pas très claires ; la version officielle est qu’il fut victime d’un infarctus au Caire, le 2 avril 1952.

 

 

Biographie de Benjamin Baillaud

BAILLAUD (Benjamin)

Après une formation en mathématiques, Benjamin Baillaud devient élève astronome à l’Observatoire de Paris en 1872. Nommé Directeur de l’Observatoire de Toulouse en 1878, il développe l’astronomie en installant de nouveaux instruments d’observation tels que la lunette de Brünner et la lunette méridienne.

En 1908, il prend la direction de l’Observatoire de Paris, puis en 1913, du Bureau International de l’Heure. Son œuvre a été fondamentale pour l’histoire de l’astronomie : il a rédigé une  Théorie des satellites de Saturne; Encélade, Thétys, Diomé, Rhéa. Il a construit le téléscope du Pic du Midi et a participé à la préparation d’une Carte du ciel.

Son rôle au sein de l’observatoire

Benjamin Baillaud. Directeur de l’Observatoire de Toulouse, il cherchera à mettre le pic du Midi sous son autorité, mais se heurtera à l’opposition de Marchand. L’Observatoire du Pic du Midi sera rattaché à l’université de Toulouse en 1903.

Biographie de Xavier Vaussenat

Célestin-Xavier Vaussenat

Un ingénieur de talent

Vaussenat est avant tout un ingénieur. Il consacre tout son temps et son énergie à développer l’Observatoire. Il rase les alentours du sommet pour y aménager des terrasses, construit un bâtiment de stockage (appelé par la suite bâtiment Vaussenat) et le fameux « blockhaus » sur lequel sont installés les instruments de mesure météorologiques. Comme les terrasses sont couvertes de plusieurs mètres de neige huit ou neuf mois sur douze, il creuse aussi un tunnel pour accéder commodément en toute saison au blockhaus à l’heure des relevés météo. Vaussenat invite des scientifiques à mener des expériences dans son observatoire. En novembre 1882, deux astronomes parisiens viennent observer le transit de Vénus sur le Soleil. Mais, à cause du mauvais temps, ils ne parviennent pas à amener leur lourd équipement au sommet et doivent se contenter du col de Sencours.

la seule tragédie majeure de l’histoire du Pic

Le 6 décembre, jour du transit, le ciel est dégagé au sommet, mais couvert à Sencours. C’est à cette époque que se situe la seule tragédie majeure de l’histoire du Pic, lorsque les porteurs sont pris dans une avalanche qui cause la mort de trois d’entre eux. A partir de cette date, les porteurs redoublent de prudence, partant toujours de la vallée bien avant le lever du Soleil; ils ne font pas l’ascension quand il vient de neiger et que les risques d’avalanches sont élevés. Parmi les visiteurs estivaux de cette période, il y a deux physiciens qui mesurent la teneur de l’atmosphère en monoxyde de carbone et en ozone en 1881, 82 et 83, deux astronomes parisiens qui font des tests astronomiques du site en 1883 et le trouvent excellent, des officiers géodésiens qui font la carte de France en 1884, Jules Janssen qui observe le Soleil en 1887, un médecin qui étudie les effets de l’altitude sur des chiens, chats, poulets, lapins, en 1890, deux astronomes lyonnais, également en 1890.

Expérience de Lemström: dispositif expérimental

A la demande du Bureau Central Météorologique, Vaussenat réalise lui-même une importante expérience de physique atmosphérique entre 1883 et 1885. L’objectif de cette « expérience Lemström » est de produire des aurores boréales artificielles. Selim Lemström est un physicien finlandais qui a réussi une telle expérience dans le nord de la Finlande et en a communiqué les résultats à la communauté scientifique française. Vaussenat achète 200 longues perches en chêne écorcées sur pied, les répartit au sommet du Pic sur 530 mètres carrés et les relie par du fil de fer garni de 10 800 pointes métalliques. Le dispositif expérimental ne produit pas l’effet attendu; par contre, il attire efficacement les coups de foudre, ce qui oblige Vaussenat à s’acheter un nouveau costume et une montre.

Evolution et historique de l’observatoire

Réputation du Pic

L’année suivante est l’année de la comète de Halley ; malheureusement, elle n’est visible qu’en mai, la pire saison au Pic. Henri Godard, de l’observatoire de Bordeaux, et Gaston Millochau, de celui de Meudon, séjournent trois semaines au Pic avant de pouvoir ouvrir la coupole. L’une des rares distraction est un tourne- disques avec une douzaine de disques, et les deux astronomes les connaissent bientôt par cœur. Cet automne, le comte de la Baume et son assistant sont de retour au Pic, mais le temps y est nettement moins beau que l’année précédente. C’est ainsi que le Pic acquiert la réputation injustifiée qu’il y fait toujours mauvais, et les astronomes français ne se bousculent pas pour y venir observer.

Nouveaux aménagements et télescope

Par la suite, ces locaux ont été grandement complétés : nouvelles terrasses, nouvelles coupoles, nouveaux bâtiments d’habitation. Le seul qui utilise le télescope Baillaud avec persévérance est Jules Baillaud, le fils de Benjamin ; ses travaux au Pic lui valent un prix de l’Académie des Sciences en 1924. Le nouveau télescope, administré par l’observatoire de Toulouse, est dès le début une source permanente de problèmes pour Marchand, qui ne supporte pas cette intrusion dans son domaine. Cette animosité, également ressentie par le personnel au sommet, est source de quelques conflits avec les Toulousains. Les astronomes français ne montrent pas le même enthousiasme pour sauver le Pic. Henri Deslandres, directeur de l’observatoire de Meudon, est mandaté pour inspecter tous les observatoires français en 1922. Après avoir visité celui du Pic du Midi, il recommande sa fermeture !

Menace de fermeture du Pic

Pour sauver son établissement, Dauzère l’oriente alors résolument vers la géophysique, et, pendant les quinze années suivantes, la géophysique est le thème principal de recherche scientifique au Pic. Joseph Devaux y fait sa thèse sur le bilan thermique des champs de neige et des glaciers et participe à plusieurs expéditions au Groenland avec Charcot. Hubert Garrigue fait sa thèse sur la radioactivité naturelle en montagne. Dauzère lui-même s’intéresse à la foudre et à la grêle, complétant et mettant à profit une remarquable base de données sur les points d’impact de la foudre constituée par Bouget. Il devient bientôt un expert de renommée nationale sur le sujet de la foudre.

Défenseur de l’astronomie au Pic

Le retour progressif vers l’astronomie se produit dans les années trente, lorsque Bernard Lyot, un astronome parisien, met au point son coronographe au Pic. Cet appareil révolutionnaire sert à observer la couronne solaire en dehors des éclipses. Mais il faut le talent de Lyot et la transparence du ciel du Pic pour que l’expérience réussisse. En 1935, Jules Baillaud, défenseur de l’astronomie au Pic, devient président de la Société « Les amis de l’Observatoire du Pic du Midi ». En cette qualité, il propose d’améliorer le télescope existant, construit par son père, et d’en réaliser un deuxième. Enfin, en 1936, le ministère nomme un astronome pour remplacer Joseph Devaux, disparu avec Charcot au large des côtes d’Islande. Cet astronome, c’est Henri Camichel ; il est résolument décidé à observer, même en hiver.

Nomination de Jules Baillaud

Dès sa nomination, Jules Baillaud entreprend un ambitieux programme de rénovation de l’observatoire, la construction d’un téléphérique pour résoudre les problèmes d’accès et celle d’une ligne électrique depuis la vallée pour remplacer la batterie d’accumulateurs, une source faible et peu fiable d’énergie. Mais ces projets sont à peine ébauchés lorsque éclate la guerre ; presque tout le personnel est mobilisé. On pourrait penser qu’un homme âgé, qui ne voulait pas vraiment être directeur, se retrouvant presque seul dans cet observatoire à un moment où tout le pays est bouleversé par l’état de guerre, renoncerait à tous ses projets. Mais c’est tout le contraire qui se passe. La défaite et son humiliation le galvanisent ; il estime que « notre pays a besoin de montrer que son génie et son rayonnement ne sont pas éteints ».  Cette situation est très proche de celle de 1871 ; six observatoires nationaux et deux privés ont été construits dans les dix années qui suivirent.

Rénovation du télescope

Jules Baillaud cherche d’abord à rénover le télescope existant, dont le miroir est de qualité médiocre. Il négocie avec René Jarry-Desloges, un riche astronome amateur propriétaire d’un bon objectif de 50 centimètres, mais celui-ci est très réticent à prêter sa précieuse pièce optique. L’imminence de l’opposition de Mars en 1941 oblige les astronomes à trouver une solution rapidement ; Il emprunte l’objectif de 38 centimètres de l’observatoire de Toulouse, avec lequel ils font d’excellentes observations de Mars qui les convainquent de trouver une solution permanente. Lyot pense alors à l’objectif de 60 centimètres du grand télescope coudé de l’observatoire de Paris. Mais sa longueur focale est de 18 mètres, soit trois fois celle du télescope Benjamin Baillaud. Si on veut adapter le grand objectif à ce télescope, il faut replier deux fois le faisceau lumineux avec deux miroirs plans. L’instrument devient alors une réfracto- réflecteur, système inventé par l’astronome suisse Emile Schaer au début du siècle, mais jamais testé à grande échelle.

La transformation

La transformation est tout à fait faisable, puisque le télescope Baillaud est composé de deux tubes l’un pour le miroir de 50 centimètres et l’autre pour la petite lunette de guidage de 23 centimètres. La partition entre les deux tubes est enlevée et des barillets pour l’objectif et deux miroirs plans sont commandés auprès d’un fabriquant replié près de Vichy. Cela se passe à l’automne 1942, alors que les alliés ont débarqué en Afrique du Nord et que les allemands ont occupé la zone sud de la France, et les pièces sont construites et livrées au milieu de difficultés d’approvisionnement et de transport inouies. Le réfracto-réflector, rebaptisé « lunette Baillaud », est utilisé avec beaucoup de succès jusqu’à la fin des années soixante, pour mesurer avec précision le diamètre des planètes, pour cartographier leur surface, pour étudier les taches à la surface des satellites de Jupiter, pour cartographier la Lune.

Il faudra attendre les observations spatiales pour faire mieux. Cet instrument sert également pour l’observation quotidienne de la couronne solaire, pour prévoir la qualité des communications terrestres dans le domaine radio.

Les nouveaux travaux de Baillaud

Baillaud se tourne ensuite vers son deuxième projet astronomique, la construction de deux nouveaux télescopes, un de 85 centimètres de diamètre pour la photographie à grand champ et l’autre, un de 150 centimètres, pour la photographie à haute résolution. La principale raison de l’abandon de ce projet est sans doute l’opposition obstinée d’André Danjon, directeur de l’observatoire de Paris et patron de fait de l’astronomie française ; il estime qu’on ne fera jamais rien de bien dans un observatoire en altitude et veut développer une station en Haute-Provence. La fin de la guerre voit cependant se réaliser les autres projets de Baillaud, la ligne à haute tension et le téléphérique. La ligne à haute tension depuis la station d’Artigues est construite entre 1945 et 1949. La ligne est souterraine sur tout son parcours depuis la Mongie, pour respecter les sites classés du Tourmalet et de la vallée du Bastan. Cette ligne de 10 000 volts est mise en service le 18 novembre 1949. La tension est augmentée en 1954 pour permettre aux expériences de rayons cosmiques de disposer de plus de puissance pour leurs électro-aimants.

La construction du téléphérique

La construction du téléphérique est précédée par celle d’un câble transporteur en 1945- 47. Ce moyen de transport provisoire est constitué d’un câble tracteur qui tire une benne à ciel ouvert soutenue par un câble porteur fixe. Il sert au transport du ravitaillement et du gros matériel pour le Pic, mais aussi des matériaux de construction du téléphérique définitif. Par contre, à de rares exceptions près, il n’est pas utilisé pour le transport du personnel. L’électricité arrive au sommet en 1949. Auparavant, les équipements électriques étaient alimentés par un ensemble de batteries et un groupe électrogène. Un premier téléphérique, dédié au transport du personnel, est installé en 1952, ce qui permet d’atteindre le sommet en toute saison. Il marque la fin d’une époque, celle des portages à dos d’homme en hiver et les ascensions à pied. Il bouleverse profondément la vie quotidienne au sommet, provoquant un clivage entre « avant » et « après », entre ceux qui ont connu les ascensions longues et difficiles dans la neige et ceux qui arrivent au sommet en costume de ville, une serviette à la main, sans plus d’effort que s’ils avaient pris le métro.

Les équipes de cosmiciens

On voit apparaître en 1957 les premiers émetteurs radio. Pendant la première décennie des années d’après- guerre, la priorité est donnée aux travaux d’infrastructure et à l’accueil des équipes de cosmiciens. C’est ainsi que s’installent successivement au Pic des équipes de l’Ecole Normale Supérieure avec Jean Daudin, de l’université de Manchester avec Patrick Blackett, prix Nobel de physique en 1948, de l’Ecole Polytechnique avec Louis Leprince-Ringuet.  Alors que Jean Daudin veut déterminer l’origine des rayons cosmiques, les autres équipes se servent des particules venues du cosmos comme d’un accélérateur pour étudier la matière nucléaire. Ils quitteront le Pic sans regrets à la fin des années cinquante, lorsqu’ils disposeront de l’accélérateur du CERN.

Installation du spectrographe

L’astronomie se développe avec la venue de plusieurs équipes au milieu des années cinquante. Des astronomes solaires de l’observatoire de Meudon, sous la responsabilité de Raymond Michard, installent un spectrographe à grande dispersion dans une nouvelle extension du bâtiment principal, baptisée laboratoire Marchand. Cet instrument sert pendant huit ans à presque tous les programmes de physique solaire de l’époque. En 1967, la N.A.S.A finance un télescope destiné à cartographier la surface de la Lune pour les besoins du programme Apollo, une équipe d’astronomes de l’université de Manchester dirigée par Zdenek Kopal prend des dizaines de milliers de photos de la Lune au télescope Baillaud pour préparer l’alunissage des vols Apollo et finance en partie l’acquisition d’un nouveau télescope à miroir d’un mètre de diamètre pour ce même programme. Ce nouveau télescope sert également à des expériences de tirs sur la Lune avec un laser, pour déterminer la distance Terre-lune à quelques centimètres près en mesurant le temps que mette un rayon laser pour revenir sur Terre après réflexion sur l’une des cibles placées sur le sol lunaire par les sondes spatiales.

La construction du grand télescope

En 1959-1962 est installé le bâtiment interministériel, qui regroupe les activités d’astronomie, de météorologie, de télévision et de navigation aérienne. La construction d’un grand télescope peut être mise à l’étude en 1964, après la disparition d’André Danjon. Son emplacement est décidé après des études en soufflerie, et une coupole d’un concept très original, que Bernard Lyot n’aurait pas désavoué, est adoptée. Les travaux de dérochement commencent en 1970 et le télescope est mis en service en juillet 1980, plus récemment, on note la construction en 1980 du TBL (Télescope Bernard Lyot), le plus grand télescope de France et le plus haut d’Europe. Enfin l’ouverture du centre touristique lui confère une renommée au près du grand public peu de temps avant la fin du mandat de Jean Rösch, le dernier des directeurs de l’époque héroïque, celle des pionniers.

Rénovation du bâtiment

En 1994, l’État envisage la fermeture de l’observatoire. La mobilisation des scientifiques, de la région Midi-Pyrénées se mobilise, aboutit à la création d’un syndicat mixte pour la réhabilitation du site. Le projet prévoit une réhabilitation des installations scientifiques, ainsi que l’ouverture au public d’une partie du site. Ainsi, le téléphérique de service est remplacé par un nouveau téléphérique capable d’accueillir le grand public. D’importants travaux sont engagés à partir de 1996, pour rénover l’ensemble des bâtiments. Ceux-ci ont été séparés en une partie scientifique et une partie touristique pris en main par le Syndicat Mixte et géré par le Conseil Régional des Hautes Pyrénées.

Cette rénovation est exemplaire à tout point de vue. Le site, dans sa version rénovée, ouvre en l’an 2000. L’OMP doit cohabiter au sommet.

Site éducatif de l’OMP